Elite.

Se projeter dans les couloirs humides qui suintent l’échec et la malédiction, se revoir soi-même s’effondrer sur le carrelage glacé de ce qui jonche l’usine que l’on paye pour apprendre. Septembre. Octobre. Novembre. On reconnaît des visages, on en oublie certains. Définitivement. Il nous manque des points de repère dans toute cette foule hystérique, pleine de fraîcheur feinte et de curiosité qui ignore, à son tour, ce qui l’attend vraiment. Toujours cette impression d’errer sans but en agrippant ta farde marbrée comme si ta vie en dépendait, mais tes petits croquis pourris, tes scénarios risibles, tes packagins de merde, tout le monde s’en branle chéri. Cet olibrius là bas, persuadé de chier les meilleurs illustrations que le plat pays ait pu connaître jusque là, t’as pas envie d’aller lui rire au nez, de lui expliquer avec franchise une bonne fois pour toute que tout le monde se fout de sa gueule dans son dos tellement c’est mauvais ? De lui enfoncer son gros tarin, son excroissance, son geyser à sébum dans ce qui lui sert de papier Canson ? Comme dans toutes les écoles d’art, tu n’es qu’un numéro. Tu vas passer tes trois petites années de merde ici, au mieux, et ensuite ? Après deux ans on bute encore sur ton prénom, de toute évidence tu ne fais que passer. Alors, heureux ? Tu croyais quoi, sincèrement ? On a tous débarqués ici avec nos utopies lamentables de petits ados mal dégrossis, renégat, pseudo keupon, pouffiasse émo, cancre en échec scolaire, madame je-sais-tout risible qui finira comme toutes par passer sous le bureau pour dessiner pour des gosses en prônant la morale et la bienséance. On a tous cru un moment que ces quelques billets tendus pourraient un jour ou l’autre nous attraper la peau du cou et nous sortir un temps de cette merdasse profonde qu’est l’impression de grandir, au final on s’escalade en se kickant la gueule pour mieux respirer en dehors du bocal générateur d’élite. Toi tu seras directeur artistique, toi là bas styliste. Tu vas voir comme ça va pétarader dans les slips des pucelles quand elles entendront ton nom. Les régimes dangereux porteront ton patronyme et tu te torchera avec des rajouts blonds platines de starlette pro-ana, balançant des mouchoirs en tissus Vichy à ton effigie à la foule en délire. Et toi petit sac d’os en slim qui peine à trainer son objectif, explique moi encore lentement, les yeux dans le vague, à quel point tu vas réussir grâce à tes photos floues. Elle est pas belle la vie ? Bah non connard, elle est pas belle, ta vie. Les ongles noircis, souillés par ton stylo qui fuit, tu t’obstines d’année en année à dessiner le même genre de personnage misérable et violant le pathos de plein fouet en espérant un jour pouvoir en faire ta mascotte. Ahça ouais hein, ça, les autocollants de ton streumon dans les chiottes des bars cocos ça te fait bien bander. Tes concepts révolutionnaires, ta haine contre la société de consommation, voilà à quoi tu penses quand tu t’empoignes le chibre les rares soirs où tu n’enquilles pas de la pisse en cannette pour te sentir jeune et impétueux. Ça suce, à droite, ça suce à gauche, puis ça prend dans le cul si ça peut motiver à aller de l’avant. J’adore ce que tu fais, ah bah oui moi aussi, mais où puises-tu cette inspiration incroyable, petit magicien. Et ça donne des conseils, ça fait des leçons alors que ça se chie encore liquide le long des cuisses, ça photographie ses prémices de projets en expliquant des engagements vaguement subversifs et ça les poste sur les interwebs histoire d’être vraiment 2.0. Les plus coquins d’entre nous t’expliqueront à quel point le scénario qu’ils ont créé un soir de pluie remettra en question l’histoire entière du septième art en ponctuant leurs phrases d’onomatopées nasales et c’est rarement sans malaise que tu visionnes leurs court-métrages. Des courbettes, de l’échine, de porc, de pute. Prôner la bonne volonté, et tout le monde il est gentil dans notre monde aux milles couleurs, et qu’on fasse des blagues sympathiques en agitant les coudes pour faire penser qu’on s’apprécie tous en tant que personne. Ne pense même pas à ouvrir ta gueule et ta langue bien pendue pour être un peu acide, ici, on n’aime pas les fouteurs de merde qui viennent batifoler dans nos pastels. Avec un peu de chance tu tomberas dans le groupe des gens drôles il y a un temps et qui s’enfoncent maintenant dans une aigreur de vieux bonhommes usés par les aléas de la vingtaine. J’ai le plexus solaire qui tréssaute quand, au détour d’un coin, je crois tomber nez-à-nez avec sa barbe à lui, avec sa tignasse blonde à elle, mais il y a déjà longtemps qu’ils n’ont plus balayé du regard les salles lugubres du bâtiment. Tu brailles quelques excuses avant de rentrer de plein fouet dans le torse démantibulé de celui avec qui tu les a confondu, tu te renfrognes en remontant tant bien que mal ton écharpe en bâillon.

Oh, n’allez pas penser, chers camarades, que je ne me compte pas dans le tas. Pas que mon opinion et mes actes envers vous soient teintés d’hypocrisie ni de fourberie.  N’allez pas croire que votre compagnie me déplaît, que je vous caresse dans le sens du poil en priant à l’intérieur que je suis bien mieux loin de tout ça. De toute manière ça n’est pas comme si nos relations étaient au meilleur de leur forme et qu’on partageait encore le moindre point commun. J’ai juste envie de pleurer dans mon sandwich au saumon trop gras, enchainant clope sur café pisseux pour mieux lutter contre les tremblements des insomnies. Celles causées par l’angoisse d’ouvrir la porte trop lourde de ce qui est devenu l’enfer à mes yeux.

Fraternité.

Et sa chaire était frêle entre mes deux canines. Frôlant la frénésie je m’effarais de le voir si fébrile, fragilisé par ma froideur et ma férocité. J’affronte farouchement sa candeur carnassière et sa fraîcheur frileuse avec une franchise feinte. De son frein à sa fourche il n’y a qu’un fossé que je fraude sans aucune frigidité. Il est parfois des effrois dont on ne peut se passer. A force de se faire effeuiller par la force, on réfrène nos étreintes, on fuit l’effraction. On fabule, on fantasme, on fait semblant d’aimer. Mais figurez-vous que parfois il est bon de se laisser flancher, de se laisser faillir et d’abandonner nos vœux, vaincus par la vanité de notre corps fatigué. Finalement, accepter les affronts du pêché et les déflagrations que la fusion entraîne, oser le flagrant délit n’est fondamentalement pas une faute fatidique mais il est souvent bon de se rappeler de la fragrance affriolante de l’ineffable et du fruit défendu.

<lol>

(Il est quatre putain d’heure du fucking putain de matin et au lieu de réviser mes cours pour mes examens de..dans quatre heures, j’écris des mini textes de cul cuculs (ki pu du Q lol) avec des allitérations. Rep a sa Frédéric François.)

A la question « dis moi Camille, mon petit calisson en tutu, ça te fait marrer de rater ton année à cause de Loltoshop nocturnes qui sentent tellement mauvais que ça met mal à l’aise ? », la réponse est « Oui beaucoup, oui. »

Pour ceux qui ont raté ma masterpiece sur le twitter, je vous l’offre, parce que c’est mon blog et que je me branle sur ce que je veux, y compris sur mon ingéniosité sempiternelle. Ouais. Sempiternelle, mon petit monsieur, rien que ça (j’allais caser une vanne sur des champignons et un mec qui zozote mais après réflexion je risque de le regretter une fois la nuit passée. Ou sur des crevettes. [Les fameuses Scampis Ternel. Bah ouais ça arrive, et le gros malaise mes amours, c'est que ça me fait mais alors 'ACHEMENT marrer]). Et puis c’est bon enfant, on rigole quoi, on est entre nous, c’est un peu la famille, on a tous vu vos queues tourner sur le web que ça soit sur Failblog ou Omegle, et toi ma jolie quenelle, fais pas ta sainte nitouche, tes tétons, c’est mon fond d’écran. Alors aboule le brie qui coule et les couteaux en plastique, reprend donc du gâteau de riz et fais toi péter l’aisselle avec brio et désinvolture . Pourquoi toujours tortiller du cul pour chier droit alors que vous et moi les enfants, on commence à se connaître un peu, tout de même. Bonne nuit les pas bien beaux, essayez tout de même de faire quelque chose pour ce pruneau sec et décati qui vous sert de faciès au quotidien.


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Bath salts.

Tu fais tourner mes bracelets sur mes poignets laiteux en te pinçant les lèvres comme pour mieux acquiescer, ton autre main soutien le bas de mon dos, brisé par les chutes et nos entrelacements douteux. Je fais mine de ne pas voir ce cheveu blond coincé dans l’anneau de ton lobe, on sait tous que tout cela n’est qu’un jeu et si, après tout, si on ne s’aime pas assez pour endurer nos défauts, il est préférable que notre relation se résume à ce genre de pratique rapide et sans trop de conversation. Mais pourtant, pourtant, il n’est pas un jour sans que je ne pense à ton sourire, à tes battements de cils racoleurs puants la féminité et l’envie de jouir. Pas une semaine ne passe sans que ton parfum vienne se terrer dans l’antre qui me sert de tarin moucheté. Pas une personne qui ne m’arrache mieux un sourire que tes conneries d’enfant. Je te croise parfois, j’arrive à ne pas geindre autant que lorsque tes ongles me lacèrent l’omoplate mais la sincérité avec laquelle tu lui tiens les hanches me donne véritablement envie de t’exploser la gueule dans les vitrines que tu t’obstines à lécher, pour son plaisir à elle. Je n’ai pas de haine contre toi non. C’était les règles du jeu, nos lois rapidement faites, accoudés sur le comptoir de ce bistrot pseudo branché où toi comme moi on s’emmerdait méchamment, où on voulait des litres de bières et des échanges de gamètes dans le tréfonds d’une rue. Puis c’est pas comme si je me privais. De toute manière, si j’attendais d’avoir de tes nouvelles pour enclencher le processus de reproduction protégée, je pourrais envisager de m’acheter quelques chats. J’ai pas envie que tu m’aimes, arrête, que tu viennes me baver des litres de salive nauséabonde suintant les roses et les papiers de soie colorés, j’ai pas envie que tu me colles au cul comme un clébard castré, ni que tu t’emmerdes à courber l’échine dès que je monte le ton, te brisant et les couilles, et le service en porcelaine de ta mère. La seule chose que je veux c’est t’allumer le bas ventre et tout le système digestif à la minute même où l’on prononce mon nom. Voir ta gueule se fendre quand tu reconnais mes épaules ou ma démarche. Que tu m’installes un petit coin tranquille dans ce qui te sert de caboche. Mais par pitié. Arrêtons les exclamations et les surprises feintes. Oh. Toi ? Ici ? Étonnant. Ah mais oui, c’est vrai, tu habites à côté. Comme si j’ignorais où tu créchais quand la chasse avait été mauvaise pour toi. C’est pas comme si je ne savais pas quelle odeur avait tes draps. T’es beau putain, t’es beau. Je tressaute. J’espère ne pas avoir pensé tout haut. Même mon premier amour ne m’avait jamais embrassé avec autant de tendresse. Le problème avec toi, et c’est là où tu ne respectes pas le contrat, c’est que t’as les yeux qui murmurent la paix et la queue qui hurle la guerre. Tout le monde le dit, d’ailleurs. Tu pignoles comme un soldat en permission mais toutes les connasses tombent amoureuses de toi parce que les codes, tu les connais. Je dois y aller. Café, culotte, pantalon, soutien-gorge, t-shirt, bisous, à la prochaine.

Un jour j’aurai peut-être les burnes de savoir quel genre de guignol tu es. En attendant, je dois avouer que tout cela me va plutôt bien, à moi aussi.

Ceux là.

Y a ceux que l’on aime pour leur sourire, pour leur carrure, pour leur démarche. Ceux que l’on aime pour leur aménité, pour leur écoute, pour leur doigté. D’autres que l’on aime pour leur queue turgescente, leur fougue, leur bordel ambiant et la manière de s’oublier une fois les couettes remontées sur l’échine, de transpirer voire même de jouir, de planter les crocs dans votre chaire devenue coton l’espace de quelques minutes. Ceux que l’on oublie, qui réapparaissent parfois, ceux qui restent malgré les mois qui passent. Ceux qui détruisent et ceux qui hantent comme une mort qui débarque un samedi d’octobre. Y a ceux qui mentent, ceux qui fatiguent, ceux qui savent où appuyer pour que ça gicle. Y a ceux qui deviennent des amis, ceux qui deviennent des ennemis, ceux dont on a rien à foutre, les erreurs de parcours, les détours de faiblesse. Les cinglés, les maladroits, les enculés, les puceaux de tous vices, les jolis coincés timides et les flirts de promo. Y a ceux qui laissent des cicatrices, des griffures et des organes déchiquetés par la rancœur et l’amertume, ceux qui aident à te construire et ceux qui dépannent parfois. Y a ceux dont tu te souviens du goût de la bouche, ces baisers gorgés d’alcool et de soleil qu’on t’arrache en fin de soirée, qui maladroitement tentent d’accrocher des canines la membrane gercée de tes lèvres offertes. Seulement je n’aime plus. Je n’aime plus ni les mensonges, ni la douceur, ni la tendresse feinte. Les étreintes qui semblaient me manquer m’ennuient comme le radotage d’une vieille sénile. Je n’ai ni la patience, ni l’envie de revivre cette fadeur de ces derniers instants, à s’accrocher aux perches que l’on se tend à l’un, que l’on se tend à l’autre, à minimiser nos problèmes et le temps que l’on se fait perdre à tout planquer sous des sourires, de peur de perdre tout dans un de ces silences qui nous plombent à chaque fin de phrase. Je n’aime plus ni le goût du Margaux 86, ni l’odeur des agrumes. Je n’aime plus la sensation d’apprendre que cela vienne de toi ou des livres que je parcours distraitement. Je n’apprécie que la verve de certains inconnus et les gribouillages que fait ce compagnon de train sur son carnet de dessin. En éternelle insatisfaite je renoue avec moi-même vu qu’au fond je suis sans doute la seule à savoir ce que je veux encore.

(Kikoo Snae)

Lache.

Pour E.

Pour mieux apprécier la descente, il faut que tu lâches prise. Que tu acceptes, que tu te laisses porter sans t’accrocher avec ce qu’il te reste d’ongle aux parois humectées des roches qui te construisent. Que les visages inconnus ne te dégoûtent plus, que tu ne te poses plus de question dans un lit qui ne t’est pas vraiment familier, que tu ne regrettes pas ces libertés que tu t’offres. Reconstruire, recommencer. Apprendre des autres, accepter le fait que tout ne se passe plus comme avant, que la lessive n’ai plus cette odeur, que le pain du matin n’ai plus le même goût. Il va falloir que tu apprennes que tu as tout le temps devant toi, qu’il faut que tu rayes ces choses qui te nuisent. Essayer de garder le bon dans tout ce tas de moisissure, comme un fromage oublié dans un fond de bac de frigo. Épuiser sa rancœur dans des litres de vin blanc, vu que tu n’aimes que ça, s’arracher les ongles, ronger ses cuticules. Juste histoire de se mettre un truc sous la dent au lieu de te ronger l’esprit. Quand je vois l’énergie que tu dépenses à détester, je me dis que ça serait génial si tu t’impliquais de la même sorte dans les choses que tu aimes vraiment, tu réussirais sans doute à taper dans le grandiose. Écoute moi bien ma grande, t’es pas quelqu’un de con, dans le fond. On le sait, toi et moi. T’es pas le genre de sombre crétine complètement paumée, t’as tes repères, tes convictions et quelques idées pas trop connes. T’es juste le genre de meuf qui s’engage dans des causes perdues à bras le corps, qui sait pas trop ce qu’elle branle dans la vie, ni ce qu’elle fout là. T’es le genre de connasse qui reste les mains pendantes, la gueule ouverte, à regarder autour d’elle comment le monde fonctionne, parce que t’as toujours pas vraiment compris.  Tu regardes les faits divers en haussant les sourcils, les yeux écarquillés. Tu me demandes chaque jour pourquoi les gens sont si affreux entre eux, et pourtant tu es la première à cracher sur ceux qui n’ont pas eu ta chance. Mais je ne t’en veux pas. Tu es quelqu’un de beau, tu es quelqu’un de bien. Assise dans ta robe mauve à regarder tes pieds, à lancer parfois un sourire plus sincère que celui d’un enfant, tu sembles plus solide que la table en marbre sur laquelle tu t’endors quand l’horloge s’énerve. Les choses s’arrangent toujours, c’est à mon tour de te l’assurer.

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