Ceux là.

Y a ceux que l’on aime pour leur sourire, pour leur carrure, pour leur démarche. Ceux que l’on aime pour leur aménité, pour leur écoute, pour leur doigté. D’autres que l’on aime pour leur queue turgescente, leur fougue, leur bordel ambiant et la manière de s’oublier une fois les couettes remontées sur l’échine, de transpirer voire même de jouir, de planter les crocs dans votre chaire devenue coton l’espace de quelques minutes. Ceux que l’on oublie, qui réapparaissent parfois, ceux qui restent malgré les mois qui passent. Ceux qui détruisent et ceux qui hantent comme une mort qui débarque un samedi d’octobre. Y a ceux qui mentent, ceux qui fatiguent, ceux qui savent où appuyer pour que ça gicle. Y a ceux qui deviennent des amis, ceux qui deviennent des ennemis, ceux dont on a rien à foutre, les erreurs de parcours, les détours de faiblesse. Les cinglés, les maladroits, les enculés, les puceaux de tous vices, les jolis coincés timides et les flirts de promo. Y a ceux qui laissent des cicatrices, des griffures et des organes déchiquetés par la rancœur et l’amertume, ceux qui aident à te construire et ceux qui dépannent parfois. Y a ceux dont tu te souviens du goût de la bouche, ces baisers gorgés d’alcool et de soleil qu’on t’arrache en fin de soirée, qui maladroitement tentent d’accrocher des canines la membrane gercée de tes lèvres offertes. Seulement je n’aime plus. Je n’aime plus ni les mensonges, ni la douceur, ni la tendresse feinte. Les étreintes qui semblaient me manquer m’ennuient comme le radotage d’une vieille sénile. Je n’ai ni la patience, ni l’envie de revivre cette fadeur de ces derniers instants, à s’accrocher aux perches que l’on se tend à l’un, que l’on se tend à l’autre, à minimiser nos problèmes et le temps que l’on se fait perdre à tout planquer sous des sourires, de peur de perdre tout dans un de ces silences qui nous plombent à chaque fin de phrase. Je n’aime plus ni le goût du Margaux 86, ni l’odeur des agrumes. Je n’aime plus la sensation d’apprendre que cela vienne de toi ou des livres que je parcours distraitement. Je n’apprécie que la verve de certains inconnus et les gribouillages que fait ce compagnon de train sur son carnet de dessin. En éternelle insatisfaite je renoue avec moi-même vu qu’au fond je suis sans doute la seule à savoir ce que je veux encore.

(Kikoo Snae)

5 types qui ronchonnent pour “Ceux là”

Mercredi, 28. décembre 2011 à 9 h 57 min

Et moi, je suis où?

Bulbe

Mercredi, 28. décembre 2011 à 15 h 50 min

Tu es tout ceux là à la fois.

Jeudi, 29. décembre 2011 à 10 h 06 min

Quoi, mes étreintes t’ennuient, alors??

N

Lundi, 16. janvier 2012 à 1 h 12 min

Yo !

C’est pas exactement pratique, ces petites cases pour écrire. En fait je n’avais pas particulièrement envie d’adjouter un message sur le blog, je suis plutôt le genre « mail ». En fait le genre « des qu’on est plus de quatre on est une bande de cons, du coup moins de deux c’est l’idéal ». Mais bon, on va dire que c’est toi qui poses les règles, et je profite de l’occasion d’obeir aux petites pour désobeir aux grandes. Ca fait long comme intro.

En fait j’ai trouvé ton blog complètement au pif, j’en ai lu quelques pages, et du coup comme j’avais l’impression que tu m’adressais la parole je me serais senti stupide de partir sans répondre.

Donc voilà. J’aime bien ta facon de raconter les choses, j’ai toujours eu la trouille des gens qui savaient mettre des adjectifs au bon endroit, qui sont foutus d’écrire « ta gueule chevaline » sans que ca fasse endimanché. J’imagine que ca fait un peu de moi un analphabète, parce qu’il y a pas mal de gens dans les bouquins qui savent utiliser une langue que je me suis toujours contenté de lire. Bah. Ca ne me perturbe pas outre mesure, et ca fait plaisir de la trouver ailleurs qu’imprimée sur papier. C’est comme si on se rendait à nouveaucompte qu’il y avait des humains derrière.

Ce qui me préocuppe quand je lis tes messages c’est justement tout ce tas de mots que je n’écris jamais et entre lesquels tu te balades. Si je ne les utilise pas c’est pour plein de bonnes raisons que je ne connais pas, et pour une autre sur laquelle j’ai un jour réussi à mettre des mots : j’ai toujours eu peur que mes mots ne veulent dire plus de chose que ce que je voulais mettre dedans. Alors je n’utilise que des mots simples, des mots sur lesquels je peux compter. Pas d’images qui évoqueront pour les autres des millions d’autres choses que ce que j’ai en moi, pas « d’endroits ou appuyer pour que ca gicle ».

Je passe pas mal de temps à réflechir aux mots, au sens, à la vérité. Les trucs qu’il reste à un religieux à qui on n’a jamais dit qui prier, tu vois ? Et des centaines de fois je me suis pris sur le fait de penser à une chose, de mettre des mots dessus, de me rappeler plus tard de la phrase bien après avoir oublié le sens initial, et de tirer des conclusions de la phrase, enfin d’un nouveau sens de la phrase, enfin de ce que le hasard pouvait bien produire à partir des quatre mots qui se battaient en duel et dont le sens change selon la météo du moment, l’heure et le nombre de verres.

Parce qu’on t’explique un jour ce qu’est le PIB, l’inflation, ou le taux de chomage, et pendant 10 secondes tu es consciente de ce que ca représente. Et puis ensuite ce ne sont plus que des chiffres, mais tu n’as plus en tête le flash du désastre que signifie « +1% de chomage » dans une population.
Parce qu’un jour on t’explique qu’il y a un homme, un corps, et puis des organes, et puis des fluides, et puis des cellules, et puis des réactions chimiques, et un jour tu finis par penser à la chimie qui se déroule tout en bas en ayant complètemen oublié ce que ca voulait dire au début.

Tu vois, je veux parler de ces mots-là, ceux dont le sens change, ceux qui sont de mauvais outils.

Bon, c’est tout. Je ne sais meme pas si mes histoires ne vont pas m’exploser à la figure quand je tenterai d’envoyer mon message sur ton blog, alors je ne vais pas faire monter les enchères.
Disons que j’aime bien ce que tu écris. Enfin non, je veux dire, je me fous finalement de ton style, de la techique de l’écriture, ce n’est pas de ca que je parle, j’imagine que c’est presque une science et ce n’est pas la mienne, à toi de te débrouiller avec ca, c’est ton problème. J’ai lu quelques unes de tes entrées et j’ai aimé les lire, parce qu’avec tous les mots que tu sais empiler mieux que moi tu me persuades que la fille qui les écrit à du les ressentir un par un, et c’est pour ca que c’est agréable de t’écouter parler.
Parce qu’avoir du bordel sous le scalp, ca rend les gens bien.

Même si pour le coup du Margaux 86, Desproges n’aurait pas du tout aimé.

N.

Vendredi, 2. mars 2012 à 16 h 50 min

Moi, je ne ferai pas aussi long que N. Je vais juste dire que cet article est très, très, très bien. Et que je m’y retrouve aussi. Bref, c’est très bien écrit.

Ponds nous quelque chose de flex :