Lache.

Pour E.

Pour mieux apprécier la descente, il faut que tu lâches prise. Que tu acceptes, que tu te laisses porter sans t’accrocher avec ce qu’il te reste d’ongle aux parois humectées des roches qui te construisent. Que les visages inconnus ne te dégoûtent plus, que tu ne te poses plus de question dans un lit qui ne t’est pas vraiment familier, que tu ne regrettes pas ces libertés que tu t’offres. Reconstruire, recommencer. Apprendre des autres, accepter le fait que tout ne se passe plus comme avant, que la lessive n’ai plus cette odeur, que le pain du matin n’ai plus le même goût. Il va falloir que tu apprennes que tu as tout le temps devant toi, qu’il faut que tu rayes ces choses qui te nuisent. Essayer de garder le bon dans tout ce tas de moisissure, comme un fromage oublié dans un fond de bac de frigo. Épuiser sa rancœur dans des litres de vin blanc, vu que tu n’aimes que ça, s’arracher les ongles, ronger ses cuticules. Juste histoire de se mettre un truc sous la dent au lieu de te ronger l’esprit. Quand je vois l’énergie que tu dépenses à détester, je me dis que ça serait génial si tu t’impliquais de la même sorte dans les choses que tu aimes vraiment, tu réussirais sans doute à taper dans le grandiose. Écoute moi bien ma grande, t’es pas quelqu’un de con, dans le fond. On le sait, toi et moi. T’es pas le genre de sombre crétine complètement paumée, t’as tes repères, tes convictions et quelques idées pas trop connes. T’es juste le genre de meuf qui s’engage dans des causes perdues à bras le corps, qui sait pas trop ce qu’elle branle dans la vie, ni ce qu’elle fout là. T’es le genre de connasse qui reste les mains pendantes, la gueule ouverte, à regarder autour d’elle comment le monde fonctionne, parce que t’as toujours pas vraiment compris.  Tu regardes les faits divers en haussant les sourcils, les yeux écarquillés. Tu me demandes chaque jour pourquoi les gens sont si affreux entre eux, et pourtant tu es la première à cracher sur ceux qui n’ont pas eu ta chance. Mais je ne t’en veux pas. Tu es quelqu’un de beau, tu es quelqu’un de bien. Assise dans ta robe mauve à regarder tes pieds, à lancer parfois un sourire plus sincère que celui d’un enfant, tu sembles plus solide que la table en marbre sur laquelle tu t’endors quand l’horloge s’énerve. Les choses s’arrangent toujours, c’est à mon tour de te l’assurer.

3 types qui ronchonnent pour “Lache”

Jeudi, 7. avril 2011 à 15 h 27 min

:-)

Ça nous fait un bon début :-}

Alexer

Jeudi, 21. juillet 2011 à 21 h 34 min

Salut.

Je te fais juste un petit « coucou » et pour te dire, Bulbe, que ta Plume m’impressionne.

A+

Alexer

Vendredi, 22. juillet 2011 à 10 h 55 min

WOOOOOOOOUHOUUUUUUUUUU il y a quelqu’un dans le coin? Woooooooooouhouuuuuuuuuuu je me sens seuuuuuuuuul, qu’on me réponde!

Ponds nous quelque chose de flex :