Nolwenn.

Très chère Nolwenn Leroy,

Je n’ai pas pour habitude de prôner le patriotisme aigu et je ne pense pas être quelqu’un de chauvin, non. Jusque là, tu avais cessé de nous briser les burnes à coups de maillets, et c’est sans parler de nos tympans. On ressortait de temps à autre ton « cassé » merdique, la voix qui mue et le teint ravagé histoire de s’en payer une bonne tranche autour de nos litrons. On s’en foutait un peu de ta gueule, comme de celle de Jean-Pascal, d’Houcine et autres saloperies qu’on s’amuse à nous faire gober sur TF1 quand 20h30 a sonné. Sauf que là ma grande, là, tu as dépassé les limites. En te lançant le challenge prémaché, fait et refait de reprendre des chansons bretonnes, tu viens de sonner de façon définitive ton arrêt de mort. Pour qui te prends-tu ? Sincèrement, qui penses-tu être pour avoir le droit de bafouer une région qui m’est chère de ta voix nasillarde et mal travaillée ? Qu’est-ce qui t’es donc passé par la tête, quels genre de drogues as-tu avalé pour penser une micro-seconde que tu avais le bagout et le charisme pour t’approprier le statut d’ambassadrice d’une culture avec une personnalité tellement violente, tellement forte, qu’elle te dépasse et t’écrase dès que tu oses prononcer son nom ? « Bretonne », c’est ça ? C’est ce que tu penses être ? Détrompe toi ma grande, détrompe toi. Tu es le symbole même de ce que la Bretagne renie, de ce que ma région vomit. Tu es une honte, un résidu de fausse couche, une insulte au patrimoine et quand on parle de toi, le taux de suicide dans notre région nous propulse à la première place du classement national. Sans parler de tes origines merdiques, pourquoi pas un album sur le Pas-de-Calais, tu le connais si bien ? Pourquoi pas une chanson, « Vichy », ode à Pétain qui retracerait avec amour ta scolarité dans la ville des pastilles blanches ? Tu n’as de breton que ta naissance, que ton putain de premier cri et malheureusement ça ne sera pas le dernier. Tu parles de choses que tu ne connais pas, qui ne t’ont jamais bercé, tu t’appropries un savoir précieux et tu bafoues des valeurs instaurées pendant des siècles, de génération en génération. Je parle d’intégrité, de chaleur, d’humilité et de droiture. Tu n’as rien de tout ça. Alors soit, ton album merdique, ton espèce de doigt d’honneur déguisé en hommage est peut-être dans le top 10 des ventes, simplement parce que les gens sont trop cons, parce que la Bretagne ça fait rêver quand on y a pas habité, avec ses côtes sauvages, ses landes, son côté celtique intact parce que justement petite pute, les autochtones respectent ça. Les beaufs aiment ce côté sauvage, l’air marin, l’écume qu’on se prend de plein fouet sur les digues morbihannaises. Les beaufs aiment bien ce mélange TF1 et traditions, c’est un peu comme voir Chasse et Pêche avec un fond de techno. Nolwenn, maintenant, c’est entre toi et moi. Je prends ton insulte personnellement, et c’est comme si c’était une menace de mort envers ma famille entière. Nolwenn, tu ne connais ni la sensation de croquer dans des crêpes le lendemain d’une cuite au cidre, ni la misère qui vit encore dans les fins fonds des campagnes Armoriques. Tu ne connais pas la fierté que c’est de dire « je suis bretonne » quand t’es expatrié, de se souvenir dans cette phrase des soirées rennaises, des rencontres permanentes, de cette force qui unit les quatre départements qui m’ont construite. Tu ne connais rien au bonheur de faire le marché des lices le samedi matin, d’écouter un boeuf de jazz au milieu d’une place publique pendant que toi, assise à une terrasse rue de la soif, tu te gaves des meilleurs produits qui existent. Nolwenn, tu mérites sincèrement d’avoir les cordes vocales exposées à côté du Gwen a du, tu mérites d’être noyée dans la quantité de beurre qu’il faut pour faire un Kouign Amann, de te faire lapider au milieu d’un fest noz par tous les petits vieux qui tiennent encore à leurs bigoudens. Tu mérites d’être frappée par toutes les veuves d’Ouessant, par tous les blaireaux bourrées de la rue de la soif, par tous les craignos de St Anne, par tous les briochins, par tous les brestois, par tous les lorientais, les vannetais, par tous les gens qui vivent avec cette certitude d’avoir un cœur qui gueule « Breizh Atao » à chaque pas qu’ils font. Parce que la Bretagne ma jolie, c’est un truc tellement puissant que tu sais ce que c’est uniquement quand t’as moisi dedans pendant au moins 20 ans.

16 types qui ronchonnent pour “Nolwenn”

Mercredi, 5. janvier 2011 à 3 h 02 min

Je vais dépuceler ton espace commentaire pour cet article. Alors moi j’ai bien aimé l’article parce que je suis un peu Breton quand même alors je capte bien les références. Quand je vois Lorientais, Vannetais tout ça, ça me parle quoi ! Et puis la référence au kouign amann dégoulinant de beurre n’est pas accessible à tous. Et puis on trouve peut-être des kouign amann à Paris mais certainement pas autant beurrés que ceux de la petite boulangerie de Locmiquélic. Ensuite j’aime bien l’article parce qu’il est super bien écrit, le style est super canon, et c’est rigolo. Après le fond ne m’intéresse pas trop dans la mesure ou si Nolwenn veut faire des reprises de chansons bretonnes je m’en fous, je suis pas tant attaché à la culture bretonne pour critiquer. Après que son album soit merdique c’est autre chose. Par contre je sais pas si t’as critique est vraiment sérieuse ou si c’est ironique parce qu’aimer la Bretagne d’accord mais de là à défendre autant sa région et voir l’action de Nolwenn comme un viol de culture, c’est assez énorme( CTB). Mais bon comme c’est agréable à lire c’est cool. J’ai d’autres choses à écrire mais je commence à avoir mal au bras alors je te laisse.

PS : Pondre à l’impératif ça fait ponds. Besos.

Mercredi, 5. janvier 2011 à 9 h 58 min

Bon ben tant pis, ce sera pas moi le « type qui parle tout seul », pourtant ça m’aurait plu.
Au fond je ne suis pas Breton, je n’écoute pas la musique de Nolwen et je ne suis pas hyper branché identités locales. Du coup je regarde ta colère de manière assez neutre.
En revanche, dans la forme, et comme mon voisin du dessus, je lis tes textes avec un vrai plaisir qui fait du bien.

Droune

Mercredi, 5. janvier 2011 à 13 h 07 min

Je note une belle inspiration pour ce début d’année !

Jeudi, 13. janvier 2011 à 16 h 38 min

Les Bretons, ça rigole pas avec la Bretagne. Le texte est violent, mais ça ne m’empêche pas de le trouver de qualité.

Je suis Savoyard et j’attends toujours qu’un produit de la télé-réalité sorte un album de chansons traditionnelles de chez nous. M’est avis que ça ne fera rêver personne, là.

Love. J’envoie la sauce, oué.

alesk

Vendredi, 14. janvier 2011 à 0 h 58 min

Au nom de la Bretagne: AMEN.

Dimanche, 16. janvier 2011 à 20 h 45 min

A mon sens le problème ne vient pas nécessairement de ses origines (où plutôt de son manque d’origines), mais plus du fait qu’elle tente de transformer la musique bretonne en merde commerciale bon marché… La question qui restera sans réponse est : comment est-elle arrivée dans le top 10… ?

NoWhere

Samedi, 29. janvier 2011 à 14 h 56 min

Les beaufs ne sont pas toujours ceux qu’on pense. Brassens l’avait en son temps parfaitement perçu. Et s’il s’est fait enterrer à Sète, c’est qu’il faut bien finir quelque part. Pourquoi pas là où on est né… par hasard.

http://www.youtube.com/watch?v=PT05hHJOBiA

Sinon, attention aux fautes.

Bulbe

Samedi, 29. janvier 2011 à 18 h 13 min

Je sais que je fais quelques fautes et que ce sont toujours les mêmes, seulement personne ne me dit où est-ce qu’il y en a.

NoWhere

Lundi, 31. janvier 2011 à 20 h 25 min

Un exemple, qui m’a sauté aux yeux :

« Tu parles de choses que tu ne connais pas, qui ne t’ont jamais bercé »

Sauf à ce que Nolwenn ait changé de sexe, le participe passé doit être accordé : « bercée ».

You’re welcome.

Mercredi, 2. février 2011 à 11 h 48 min

Quimpéroise, au coeur, au sang, à la vie, à la mort. Et étant expatriée, je comprends la fierté de pouvoir dire que je suis bretonne. Pas française, non. Bretonne.
Ma culture, ma naissance, mon enfance, mon adolescence et mes années de jeune adulte ont hurlé quand ils ont entendu tout ce battage médiatique.
Et la violence de ton texte n’est rien comparée à ce que les Bretons ont ressenti. Donc merci.

Marinette

Mercredi, 9. février 2011 à 16 h 46 min

Bretonne expat, je n’y ai pas moisi pendant 20 ans, j’y ai vécu à la douceur du Golfe du Morbihan.
Je n’ai pas détesté les chansons reprises du répertoire traditionnel, par contre, je n’ai pas apprécié du tout le mélange avec ses mièvres chansons pas du tout à la hauteur du reste (je cite tous les coins de Brest pour montrer que je connais !…). Ridicules, celles où elle chante en breton, comme si elle avait un quelconque attachement à cette langue…
Dommage…

Dimanche, 20. février 2011 à 16 h 33 min

Quel merveilleux article. Moi qui pensais que les Bretons étaient fiers de Nolwenn !
J’aime cette sauce d’écriture, on lit tout d’une traite, c’est renversant. À bat N.

Nina

Mardi, 12. avril 2011 à 18 h 41 min

Faisons court : C’est splendide. Merci.

Cartman

Dimanche, 24. juillet 2011 à 0 h 22 min

Putain, ça trou l’cul !

Bravo

Titi

Jeudi, 9. août 2012 à 19 h 38 min

Wouah, je suis méga surpris de ne lire que des commentaires qui te posent sur un piédestal.

Habituellement, je suis pas du genre à critiquer, mais là, je peux pas laisser passer.

Va péter un coup, ça te fera du bien !

Je comprends qu’on soit attaché à ses origines, surtout quand on vient d’un coin qui a une identité assez forte. Mais faut relativiser un peu les enfants ! On va pas cracher sur quelqu’un et pisser sur sa tombe juste parce qu’il n’a rien compris à la vie ou plutôt, qu’il a tout compris au business.

Je ne vais pas dire que je cautionne ce qu’a fait Nolwenn. Mais clairement Bulbe, tu en fais parfois trop et là, c’est le cas.
Après, littérairement, c’est intéressant, ça donne un aperçu de la violence des émotions des ados… cette propension à tout pousser à l’extrême. Mais j’espère sincèrement que ça se limite à ton blog parce que, sinon, ta vie doit être méga fatiguante !

J’ai un peu l’impression que tu veux faire péter une bombe là où un regard méprisant suffirait largement.

Flex

Bulbe

Jeudi, 9. août 2012 à 19 h 42 min

Oh, ta gueule.

Ponds nous quelque chose de flex :