Absence et nostalgie.
Bonjour les copains, oui, ça fait 3 mois que je n’ai malheureusement pas pu vous tenir au courant de mes tumultueuses aventures (Grèce, Espagne, Belgique, la vie est trop dure mon Dieu), vous m’en voyez bien malheureuse, mais c’est comme ça, il faut parfois se rendre compte que passer son existence devant un écran de mac, c’est un peu le paradis, mais que dehors, dans la rue, il y a des gens qui vous aime et qui n’attendent que vous pour commencer à vivre vraiment. Anyway, j’ai été accepté à St Luc, section graphisme, un peu ma seule victoire depuis que j’ai sauvé un type qui s’étouffait dans son vomi, j’ai déjà plein de petits camarades folichons qui aiment la charcuterie et je passe mes nuits à écouter des cinglés se taper dessus. C’est donc une promesse d’amour que je vous fais solennellement, je vous retrouve dès que mon putain de fournisseur Internet aura décidé de se sortir les doigts du cul, qu’il semblerait avoir coincé dedans depuis plus d’un mois. Etreinte et pâté de foie.

Baballe et clebs.
Réglons nos comptes. Tout de suite. Toi qui m’a trainé dans des bars bondés pour voir 11 bouffons transpirants lever les genoux derrière une baballe alors que j’en ai toujours eu strictement rien à branler.
Je m’étais intérieurement promis de ne jamais parler sport dans un billet, mais la situation est grave, très grave. Jusqu’alors, je n’avais jamais eu à m’intéresser au foot depuis 98, j’avais sept ans et je portais des caleçons à fleurs Du Pareil Au même. Il s’avère que mon cœur a décidé de foutre la merde dans mon existence tranquille, à l’aube de mes dix-huit printemps, en décidant de s’enflammer pour un type aux allures helléniques qui semblait jusqu’alors n’avoir aucun défaut. Cependant, la nature m’a bien punie. Après quelques discussions aguicheuses, j’apprenais que l’élu trainait un lourd, très lourd handicap derrière lui. Oui. Oui, vous avez deviné, clairvoyants lecteurs, oui l’homme aimait le foot. Pire encore. Il l’assumait. J’abordais tout d’abord le sujet avec recul et humour, jusqu’au 11 juin, début de ce merdier incommensurable qu’est cette putain de Coupe du Monde. Et là, chers amis, je n’avais que mes petits yeux bouffis et bovins pour chialer ma race. Parce que la CDM, c’est pas un match de temps en temps. Non, c’est un, voire deux, voire trois matchs par jour. J’en ai entendu des marrantes moi, sur le foot, je cite « école de la vie », « sport noble », « match époustouflant », mais sincérement, messieurs les footeux, regardez vous. Vous parlez de respect, d’équipe, de solidarité, pour ensuite aller emmerder le monde avec vos klaxons et vos cris porcins ? Vous parlez finesse, compétition, sport et athlètes, avachis au fond de votre canapé Ikea en descendant des hectolitres de Kanterbräu, en mâchant des pizzas froides et en insultant des types qui gagnent plus par matchs que le PIB du Luxembourg. Rappelez moi où se passe cette coupe du monde ? Ah oui. En Afrique du Sud. On parle bien de ce pays où les gens se barricadent chez eux sous peine d’être flingués, cambriolés, agressés ? On parle bien de ce pays que les gens fuient à cause de la pandémie du Sida ? Dites moi si je me trompe. Vous avez fait d’un sport l’objet d’un patriotisme malsain, vous vous obstinez à trouver certains jeux de jambes extraordinaires, à en hurler dans un pub, alors que votre nana n’arrive plus à vous foutre la gaule. Vous vous excitez sur une sphère en plastique, sur des potins, des commérages, des probabilités merdiques, et surtout, par dessus tout, vous prenez toute la place. Vous êtes partout, dans tous les médias, dans toutes les bouches, et pas moyen de fuir un peu cette effervescence de gros pourceaux qui s’agitent à chaque endroit où il y a une télé. Ressassant les anecdotes d’il y a quarante ans sur une négligence de l’arbitre, en ne pas réussir à en rire, parce que c’était une période « dramatique ». Si seulement ça s’arrêtait là, me direz-vous. Mais il y a aussi PES, FIFA, « il fait beau on fait un foot ? », pendant que toi, ma jolie, tu vas aller compter les marguerites et t’empiffrer de glace à la pistache sur une pelouse remplie de gosses poisseux. Et peut-être même que tu te prendras la balle dans la gueule une ou deux fois. J’veux dire, c’est normal.
Pour conclure en des termes plus triviaux, je hais le foot. Si la possibilité m’en venait, je chierai d’ailleurs sur la totalité de ce milieu vomitif qui casse les couilles à la majorité des êtres vivants, et ce sans aucun remords. Je sais très bien que même en me barrant dans le plus grand trou du cul du monde pendant un mois, ce que je vais faire d’ailleurs (Pons RPZ), je n’échapperai pas à la moindre petite information à propos de cette vulgaire manifestation de porcelets, bien ficelés dans leurs maillots achetés chez Décathlon, et ça, ça fait quand même partie de ce qui pourrit la vie. La paix putain, la paix. Le jour où ça sera la coupe du monde de badminton à cheval, vous pouvez être surs que je viendrai vous emmerder avec Princesse de Kelgwenn III. Une superbe jument musclée qui joue en centre offensif.
Bientôt, nous reparlerons des gens qui fument des joints, des types qui aiment le catchs et des nanas qui font le ramadan pour soutenir leurs copines musulmanes. Bonsoir.


Exécrable.
Actuellement dans une période relativement animée de ma vie, soit changement de ville, de pays, et de vie hein, parce que ne pensez pas que je vais m’amuser à garder contact avec les deux ou trois prolos qui donnent des nouvelles une fois tous les 6 mois. Quoi qu’il en soit, je pense que vous comprendrez que les visites d’appartements, c’est assez éprouvant. Contrairement à la France, les agents immobiliers de ce pays ne manqueront pas de vous raccrocher à la gueule avec un gros « boarf » en disant qu’avec 900€ vous ne trouverez jamais rien. Pas trop de frites, on reste raisonnable. Pardon mille fois pour ce manque de nouvelle. Je manque d’inspiration, de temps et de motivation pour alimenter Bulbe ces derniers jours, la chaleur, on va dire.
Y a cette connasse là bas, qu’assume ses rondeurs, qui les assume tellement qu’elle ne parle que de ça. Y a l’autre qui fait pousser chez lui, qui s’écoute parler de nouvelles expériences, qu’est plus mou qu’un pruneau macéré dans de l’eau-de-vie et qui fredonne « L’apologie » devant sa bière sans bulle. Y a ce blaireau en polo qui fait claquer sa langue quand on le félicite d’avoir choper de la pute, qui redresse ses cheveux comme pour compenser quelque chose qui ne le fait pas sans aide. Et puis y a moi. Y a ce gros type là bas qui marche bizarrement. Qui, d’un pas sautillant se noie dans ses cheveux sales, qu’écoute de la soupe en se désarticulant. Y a ce mec de 30 ans qui s’habille comme une merde, pensant que les New Rock sont intemporelles, plus faible qu’un squelette rongé par l’ostéogenèse et qui pigne, qui pigne. Et puis y a moi. Y a ce bâton qui pue le sexe, qui se déhanche à tout va. Qui fait genre qu’elle s’en fout du regard des autres mais qui se pisse dessus à la moindre réflexion, qui détrempe sa culotte H&M à chaque fois qu’on lui dit que se faire récurer par 365 types par an, c’est pas vraiment une preuve d’ouverture d’esprit. Y a cette mère de famille, au bout de la rue, qui à la caisse de Franprix se demande ce qu’elle pourrait inventer pour plaire encore à son vieux con d’époux qui bande mou, qui ronchonne en trimbalant ses rouleaux de PQ en pestant contre la société, bousculant une hippie pétée de blé qui vit dans un squat. Parce qu’à 20 ans, on n’a pas d’argent. Et puis y a moi. Y a moi, qui comprends pas trop, qui se trimbale en croquant dans son wrap poulet crudités, qui n’a pas forcément besoin de musique pour vivre et qui préfère les commérages aux derniers gargouillements de Prince. Y a moi et ma gueule déterrée, qui pense à chaque seconde qu’elle a un vieux furoncle au milieu du pif, découvert au réveil, qu’elle espère que personne ne grillera vraiment cette merde qui tiraille la pommette, et puis qu’a tout le temps faim. Qui n’a, au final, pas grand chose à branler du sport, des jeux vidéos, qui déteste les mangas et les enfants obèses, qui vomit sur Luis Royo et qui ne trie pas ses déchets. Dans un grognement, je termine cette merde pâteuse qui m’a coûté un bras.

Assortiment de Gustave en tout genre, ça n’a rien à avoir mais j’aime bien.
Difficulté.
C’est marrant. Enfin, c’est marrant, ça demande réflexion, ça dépend du point de vue quoi, comme disent les gens indécis.. Ça dépend du point de vue et puis, surtout du contexte, au final, quand on réfléchit. Pas assez grosse, pas assez maigre, sourire de chèvre, genoux de veau. Je me retrouve encore coincée dans les chiottes de cette boîte puante, n’osant pas affronter les polos roses Lacoste et les tailles 46 frétillantes dans des jupes qui bordent les fiertés. J’aurais voulu avoir quelque chose en plus. Ce petit truc qui fait que vous passez quand même malgré des poignées d’amour qui organisent une esclandre dans vos sous-vêtements, une manière maladroite de vous trimbaler, perchée sur des talons trop fins pour supporter le monde que vous tenez du bout des doigts. Médiocre. Neutre. Tiède. Je ferme toujours ma gueule, mais je n’en pense pas moins. Je m’écrase. Je me tasse. Un mot est un étau. Le carrelage poisseux et froid vient caresser mes cuisses pendant que je me raccroche à la lunette, histoire de m’extirper de la mélasse dans laquelle je me noie. Je me sens poivrée, fiévreuse et regobe un cacheton rose histoire de faire passer le goût d’être veule. L’air que je respire ne fait qu’ajouter un peu de plomb, là dedans. Plus lourde, plus fade, à balancer sa vie comme une envie de pisser au milieu des conversations politiques de gens bien éduqués, à se retrouver dans tous les dires de la moindre gonzesse, du plus petit skyblog, du complexe physique en passant par les emmerdes familiales et sentimentales, je suis le schéma de la banalité. Je n’ai aucune excuse pour être différente, aucun alibis pour l’ouvrir plus qu’une autre. Je passe où on me laisse de la place, je porte l’intemporel, je bois l’inévitable et embrasse ceux qui ne font que comparer la bouche pâteuse des filles en fin de soirée. Je devrais être contente. Personne ne me déteste. Ceci dit, personne ne m’aime non plus. J’aurais voulu une étiquette, une petite anecdote stupide histoire qu’on se souvienne de moi. Celle qui aurait eu ses règles dans un pantalon blanc au collège, la phobique du ballon de volley, la matheuse, la conseillère, j’en sais rien moi bordel, un surnom de merde limite, un machin qui fait « tilt ». En attendant, je suis là. Les carreaux noirs et blancs fraîchement collé au cul, à lire les numéros de « meufs bonnes qui sucent » sur la peinture verdâtre qui s’écaille. Ça fait plus de deux heures. Et personne ne s’en ai encore inquiété.

6:05 du matin. J’ai la dalle, un truc mignon.