Difficulté.
C’est marrant. Enfin, c’est marrant, ça demande réflexion, ça dépend du point de vue quoi, comme disent les gens indécis.. Ça dépend du point de vue et puis, surtout du contexte, au final, quand on réfléchit. Pas assez grosse, pas assez maigre, sourire de chèvre, genoux de veau. Je me retrouve encore coincée dans les chiottes de cette boîte puante, n’osant pas affronter les polos roses Lacoste et les tailles 46 frétillantes dans des jupes qui bordent les fiertés. J’aurais voulu avoir quelque chose en plus. Ce petit truc qui fait que vous passez quand même malgré des poignées d’amour qui organisent une esclandre dans vos sous-vêtements, une manière maladroite de vous trimbaler, perchée sur des talons trop fins pour supporter le monde que vous tenez du bout des doigts. Médiocre. Neutre. Tiède. Je ferme toujours ma gueule, mais je n’en pense pas moins. Je m’écrase. Je me tasse. Un mot est un étau. Le carrelage poisseux et froid vient caresser mes cuisses pendant que je me raccroche à la lunette, histoire de m’extirper de la mélasse dans laquelle je me noie. Je me sens poivrée, fiévreuse et regobe un cacheton rose histoire de faire passer le goût d’être veule. L’air que je respire ne fait qu’ajouter un peu de plomb, là dedans. Plus lourde, plus fade, à balancer sa vie comme une envie de pisser au milieu des conversations politiques de gens bien éduqués, à se retrouver dans tous les dires de la moindre gonzesse, du plus petit skyblog, du complexe physique en passant par les emmerdes familiales et sentimentales, je suis le schéma de la banalité. Je n’ai aucune excuse pour être différente, aucun alibis pour l’ouvrir plus qu’une autre. Je passe où on me laisse de la place, je porte l’intemporel, je bois l’inévitable et embrasse ceux qui ne font que comparer la bouche pâteuse des filles en fin de soirée. Je devrais être contente. Personne ne me déteste. Ceci dit, personne ne m’aime non plus. J’aurais voulu une étiquette, une petite anecdote stupide histoire qu’on se souvienne de moi. Celle qui aurait eu ses règles dans un pantalon blanc au collège, la phobique du ballon de volley, la matheuse, la conseillère, j’en sais rien moi bordel, un surnom de merde limite, un machin qui fait « tilt ». En attendant, je suis là. Les carreaux noirs et blancs fraîchement collé au cul, à lire les numéros de « meufs bonnes qui sucent » sur la peinture verdâtre qui s’écaille. Ça fait plus de deux heures. Et personne ne s’en ai encore inquiété.

6:05 du matin. J’ai la dalle, un truc mignon.
I love mon blog.
Suite à une excellente idée de @ilovemonblog (plus connu sous le nom de @letourduweb), je me suis surprise à me prendre au jeu que ce dernier à instaurer à 3h du matin, soit de caser 15 mots plus ou moins stupide dans un billet, ou un texte, ou dans une quelconque cavité. Ci-gît mon prolapsus littéral.
D’un scroll ou deux, je fais vibrer ma timeline où @letourduweb s’excite pour une histoire de panini poulet. Je me gausse en secouant ma part de pizza à peine réchauffée. C’est ma pause, mon petit délire entre un aller retour à la machine à café et toutes ces saloperies que je me dois de trier, des paperasses de secrétaire, avec environ 8 ans d’études derrière moi. J’ai les glandes putain, j’ai les glandes. « Alors, mon petit bouducon, toujours à glander ? » Patron de mes deux. Chacune de ses paroles sont des énucléations. Si seulement j’avais les burnes de choper les ciseaux sur mon bureau, de me jeter dessus en hurlant comme dans un mauvais film de zomblards histoire de lui couper la bite et de l’étouffer avec. « Euuuuh… Non monsieur Dumauguin, tout va bien, j’ai retrouvé vos..».. Ne pas penser à cette histoire stupide de coupure, un lapsus et ça revient à du suicide.. « vos.. » – « Eh bien mon petit, prévenez moi quand vous aurez fini vos prolégomènes, ne pensez surtout pas que je n’ai que ça à foutre ma chérie enfin, on fait quoi là, hop, hop, hop, on se bouge hein. » Pourquoi je reste tétanisée, sourire à la gueule, lèvre inférieure molle et vrombissante comme un mauvais clebs qui attend sa pâté. Il s’est barré. Sans doute pour aller chier. Le problème d’apopathodiaphulatophobie de notre Charles national n’a échappé à personne au bureau, c’est d’ailleurs à peu près le seul sujet de conversation que nous pouvons tous se vanter d’avoir en commun. C’est juste qu’au bout d’un moment, se foutre de la gueule d’un type qui flippe de ne plus faire caca, ça devient chiant.
Et voilà que je me bidonne toute seule. Je devrais éviter de faire ce genre de calembour, le moindre petit divertissement suffit à flinguer l’once de concentration qui m’habite. Je jette un coup d’oeil à la déco en machouillant mon bic vert, celui qui sert à corriger les erreurs d’impressions sur les formulaires CERFA. Un piteux bateau dont le hauban dit merde aux voiles jonche sur le marbre de la cheminée. Je n’ose même pas imaginer le nombre de saloperies qui forniquent à l’intérieur de ce vieux truc en plâtre. Au moins eux, ils ont une vie sexuelle. A en juger par l’historique de sites dédiés aux fans de zoophilie de Charlou, bobonne doit avoir refait sa vie avec le labrador. Si j’arrivais à oublier ce roquet qui est persuadé d’avoir la plus grosse de notre siècle, si j’arrivais à faire abstraction de ce Vercingétorix et de sa guerre des gaules, peut-être qu’au final je serais le genre de nana épanouie qu’on voit faire la pouffe dans Closer. Je scroll ma timeline. Une fois. Deux fois. @letourduweb vient de se faire hara-kiri.

(Demain, nous verrons pourquoi je hais Mélanie Laurent de tout mon être)
Sensitive.
J’ai un petit problème que certains de mes proches s’entêtent à me souligner depuis plusieurs années déjà. Je suis le genre de pétasse un peu énervée, angoissée, un tantinet hyperactive à certains moments. En général, je gère plutôt bien les petits tracas du quotidien. Seulement, 98% du temps, effectivement…

Tout devient alors la cause de la Shoah. Le moindre petit truc me blesse, m’agace, et j’en fais des tonnes en trouvant ça logique de m’exciter comme une pourcelle sur les 3 minutes de retard que je vais avoir à cause de ce sac poubelle percé. Le fait de donner une ampleur démentielle à tout et rien, ça n’est pas de tout repos et puis, ça peut se combiner avec tous les autres défauts, pour en faire des défauts BONUS + 2000 points que personne ne peut contrer. Comme par exemple l’impulsivité.

(Oui j’ai la veste officier H&M et je suis hyper bonne dedans, donc ta bouche)
Ou la jalousie


D’ailleurs, j’en profite pour passer un kikoolol au monsieur en question qui s’en ai pris plein la gueule pendant la période viandesque qui m’animait. Et oui. Pensez à compter combien de pilules il reste dans la plaquette de votre nana. Ça vous laissera une idée de combien de temps vous devez prendre pour terminer votre bunker.
L’agressivité gratuite

Mais avec du recul et quelques nuits de réflexion, je me demande si ça n’est pas héréditaire, cette manie de tout régler par les larmes, les cris et les ultimatums.

En fait.. Si.
Petit rien.


Et c’est mignon.
Juste un petit coucou en passant, rien de bien sérieux là dedans, j’ai juste recommencé à tater Illustrator, c’est pas si évident que ça mais je me bidonne toujours autant, et même si le rendu est pas top, je pense faire une rubrique spéciale Gustave, alors donnez moi des conseils tant qu’il en est encore temps (oui il n’a pas de bras, et ? T’es raciste ?). Je suppose que tout le monde se tape un week-end familial spécial fête des mères, si non, moi oui, enfin disons plutôt spécial 60 ans de mariage des grands-parents. Ils défoncent. Un gros « BLAH » de félicitations à eux. Ça m’enchante vraiment de passer une journée avec une moyenne d’âge de 84 ans. Sinon je connais une nana qui dessine mieux que moi, et qui me manque énormément.
.
Une tendre embrassade, ne faite pas fumer vos enfants de 18 mois, ne regardez pas l’Eurovision, ne trompez pas votre conjoint, participez aux tâches ménagères, prenez le temps pour vous laver, faite un sourire à une gamine sauf si vous être un quadragénaire mal rasé avec un imper etc.. un jour j’aurais le temps et la motivation pour poster tous les jours ici.
Energie.
Je m’en veux de vous laisser en plan près d’une semaine. Vraiment. C’est juste que je redécouvre petit à petit les joies de ne plus rien foutre de sa vie, de faire des rencontres, de bouffer sans regarder ses cuisses aplaties sur le rebord d’une chaise, de ne plus en avoir rien à foutre de ce que untel peut faire de sa vie en ce moment. Bien sûr, vous me manquez, bien sûr que je pense toujours à ce petit coin que je m’obstine à bâtir comme un orphelin dans un bidonville (big kassdédi lol). A chaque retour dans la patrie, une bonne nouvelle m’accueille avec un grand sourire : Untel est mort, machin est en train de crever de sa gangrène testiculaire, bidule s’est faite violée et tout plein de choses qui font que, Rennes, c’est super sympatoche. Si seulement les murs n’avaient pas d’oreille, je pourrais vous raconter des trucs croustillants comme le font la plupart des bloggueurs, vie de gros pourceaux à la clé, soirées privées et cuisses ouvertes. Le seul truc un peu hors du commun que j’ai fait récemment, c’est donner à boire à un type avec une balle dans le ventre mais je veux dire, tout le monde fait ça de nos jours, n’est-ce pas ? (Voilà, je l’ai dit, ça déleste comme après une constipation vieille de 3 mois). Les cinémas Gaumont sont heureux de vous présenter votre film :
Ça commence par une simple pomme. Toujours à la même heure. Mais chaque bouchée te ronge d’une culpabilité entêtée. Tu te justifies, tu es décalée. A ton âge, c’est normal d’être affamée à cinq heures du matin. Le fruit devient cacao, bonbons, gâteaux.De tablette en tablette Lindt, tu gravis les échelons de ton ennui, pensant assouvir ta soif de découvrir, ta soif de nouveau par des baguettes entières bourrées de confiture. Il faut que tu bouffes, sinon tu ne dormiras pas. Comme une sale migraine de lendemain de cuite, ta faim te ronge, ta faim te tord. Ce besoin de mordre, de sentir le sucre se balader sur tes papilles pour ensuite se noyer dans les tréfonds de ta gorge devenu plus profonde que celle de Katsuni t’obsède au quotidien, à chacune des heures que tu passes à scruter les distributeurs de ton lycée. Avec le sourire, tu dégustes les vannes de tes proches, tu sais que tu t’empâtes, tu sais que tu est moins attirante que ce que tu voudrais être, mais tu n’as pas la force de faire vibrer ta glotte à l’aide de tes deux doigts, de t’enfoncer un poing victorieux au fond de la trachée et d’attendre que tout ça ressort, du petit suisse au paquet de Pepito. Alors tu chiales, tu chiales parce qu’il te trouve un peu grosse, avec tes poignées de sac isotherme sur les hanches, tes vergetures irrémédiables, tes pommettes sans doute trop prononcées. Et pour oublier tu bouffes. Tu penses à comment le monde te dénigre parce que tu ne rentres plus dans du 38, tu hais les publicités, les nanas qui s’exhibent, celles sur qui il fantasme sans la moindre gène, gonflant les pectoraux devant des types décérébrés. En engloutissant la fin de ton paquet de céréales et de ton pot Ben & Jerry’s, tu te dis que t’aimer, ça serait déjà un bon début mine de rien.

Je hais cet article, mais je suis ivre morte, en colère, confuse et j’ai mes viandes histoire d’en rajouter une bonne grosse couche bien gluante. Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.
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