Départ.

Quatre ans que je n’ai pas vu cette nenette, quatre ans, et pourtant rien n’a changé. Son vernis vermeil s’écaille toujours autant au bout de ses ongles, la façon qu’elle a de boire son café suffit à te faire comprendre qu’elle est mieux que toi, et les piles de pièces rouges qu’elle s’enquiquine à faire pendant qu’elle te baratine n’ont jamais été plus droites. Une jambe repliée sous son joli petit cul, elle laisse balancer l’autre en rythme du jazz que postillonnent les enceintes du troquet. Elle me raconte sa vie, ses amours, ses études qu’elle s’obstine à foirer malgré la meilleure volonté du monde, c’est la faute des profs qui ne l’aiment pas, elle et sa gueule d’amour, sa bouche en cul de poule et ses sourcils trop épilés. Elle lâche des soupirs plus agaçants qu’agacés quand quelqu’un d’extérieur s’approche à moins d’un mètre, même quand on lui demande de lui passer la carte, c’est à croire qu’on lui fait un affront dès qu’on ose s’adresser à elle droit dans les yeux. Je l’aime bien, la Stéphanie, mais les années m’ont fait oublier à quel point elle a pu me les briser, avec ses « peut-être », ses « ça m’est égal », « fait ce que tu veux ». J’ai failli péter un plomb deux trois fois, elle me rendait cinglé à venir me rendre visite à l’aube, à moitié à poil, juste histoire de me raconter en pignant qu’elle n’avait plus d’eau chaude. Mais à combien de reprise je l’aurais bien bâillonnée, à combien de reprise j’aurais voulu qu’elle se la ferme et qu’elle se laisse faire vingt minutes histoire que je puisse me la faire, comme tous mes autres potes. Au fur et à mesure que mes souvenirs se réaniment, je sens mes sourcils se froncer. « Qu’est-ce que t’as ? Envie de chier ou bien ? ». « Tu sais ma grosse, tu nous as tous bien fait marrer à parler comme la pire des putes de la jeunesse dorée, à te la jouer vénale et pleine de blé alors que tu grapillais des centimes pour te payer tes Philip Morris, à parler comme de la pire des merdes de toutes les petites nanas qui nous faisaient vibrer, qu’avaient peut-être pas tes jambes, ton cul qui bouge pas d’un pet quand on te prend en levrette, mais des filles qui nous faisaient bander. Toi, actuellement, tu me fais juste pitié à te faire tamponner comme un pavé sous un marteau piqueur, ouais, après reflexion je crois même que je me fais chier avec toi, et tu sais quoi, ça me fait plaisir. Tu m’as tellement fait attendre, à me coller tes seins sous le cou pour me dire ensuite que tu ne savais pas où tu en étais, que tu sortais d’une situation difficile, et après quatre ans, tu penses que j’ai pas autre chose à foutre que de tenter de limer une gamine comme toi ? Les choses ont changé tu sais, elles ont putain de bien changé depuis que tu t’es barré à l’autre bout du monde. Alors trouve toi un banquier qui te fera cocue un an après ton mariage, ponds des mômes que tu détesteras. De toute manière, tu ne sais faire que ça. Détester. Jamais une fois je t’ai entendue dire que tu étais heureuse, alors, il est peut-être là le problème. Mais ne compte pas sur moi pour te filer le moindre coup de main, bonne soirée. » Elle me regarde, sourcils haussés qui gueulent « ça y est, t’as fini ? », mais je m’en branle. Je lui rends son rire jaune, me lève, écrase mon mégot, ne laisse pas de pourboire. Ce genre de truc déleste comme si j’avais pas chié depuis des mois.

Puppet

Oui je sais, j’ai déjà fait mieux.

Post-it.

Etracte

POst it

C’est lisible ?

Peuple.

Peuple, je suis en colère. En colère et confuse.

Je suis en colère de voir que tu ne te respectes pas, de voir que tu te salis, toi et ton entourage, de voir que tu baises à tout va par simple « anticonformisme » parce que, se mettre en couple, c’est trop chiant. Je suis en colère de voir que tu es toujours incapable de laisser un endroit convenable après ton passage, qu’à la manière d’un gosse trop gâté, tu ne respectes pas le peu de dons que l’on puisse te faire, que tu abuses des seules choses qu’il te reste sans aucune retenue. Je suis en colère de sentir ton shit pourri qui sniffe les herbes de Provence brûlées, la paraffine de super marché, le cirage et l’ennui. Je suis malheureuse de voir que tu n’évolues pas, de voir que tu aimes te nuire plus que n’importe autre chose. Peuple, je suis en colère de voir que tu ne parles que d’injustice, de drame, de tristesse et d’hécatombe alors qu’au final, une heure après, tu vas offrir ton salaire au cafetier du PMU. Je suis en colère de te regarder te lamenter sur des choses risibles, de voir que tu parles de ta vie sans pudeur à n’importe qui et que tu ne te protèges pas. Je suis profondément blessée par ce que tu laisses comme monde aux générations prochaines, allant parfois jusqu’à enfanter pour pouvoir continuer à te payer tes paquets de clopes, ponctuant tes phrases par des onomatopées tièdasses. Je suis en colère de voir que rien ne s’arrange, que tu oublies certaines règles de vie, parfois même que tu n’es pas seul sur une planète que tu t’obstines à détruire par tous les bouts. Je suis en colère de voir que tu ne remarques pas que souvent, ceux qui te gouvernent ressemblent à tes gosses au milieu d’un bac à sable, se balançant râteaux et pelle à la tronche. Je suis en colère de te voir régler tes soucis par la force de ton poing alors que certaines personnes donneraient tout pour pouvoir moduler leurs pensées. Je suis agacée de te voir geindre parce que ton steak n’est pas assez cuit tandis que ta carte « Médecins sans frontières » attends patiemment à côté de ta carte bleue, je suis agacée de voir que tu t’émerveilles devant les gens partis au Togo, en Ouganda pour mettre les mains dans la merde, alors que tu ne le feras jamais. Je suis énervée de te griller à balancer des papiers au milieu de la voie publique, je suis énervée de t’entendre dire que « les femmes de ménage sont payées pour ça » quand tu n’as pas le cran de nettoyer la merde au fond des chiottes que tu repeins quotidiennement, je suis folle de rage quand tu souris niaisement avant de me dire que tu es « chômeur professionnel » et que ça ne semble pas te poser problème, je suis énervée de te voir, bourré de qualité et n’en branlant pas une depuis plusieurs années, abusant du confort parental, voire même en leur manquant de respect. Je suis en colère de voir des minettes ivres mortes allumer des types de 40 berges, je suis fatiguée de ramasser des gens dans les caniveaux de Rennes, la bave aux commissures et la piquette pour seule compagnie. Oui, je suis en colère, je braille, je m’énerve toute seule, mais la chose qui finira par achever cet article en même temps que moi, c’est de me dire que la plupart des choses citées au dessus, je les ai moi-même déjà faites.

Article geignard stéréotypé à la morale humaniste pompeuse, je sais, il en faut des fois. Sinon je cherche un type  ou une nana sympa qui dessine bien pour m’illustrer un article, l’être aimé étant très occupé avec ses examens et ses parties de jeux vidéos [(L)]. Sinon, le Reportour mon cul, c’est un joli coup de buzz, mais selon moi, les gens comme Cyprien devraient être interdits d’Internet, de plus, les gros blogueurs bien influents (même si leur art est ashié) devraient avoir un minimum de respect à l’égard des gens qui ont vraiment la passion de l’écriture et du journalisme au lieu de leur faire de l’ombre avec leurs blagues de merde style « ALLAY, TOUS A DUBAI EN ESPADRILLE ». Je ne parle pas en mon nom, j’aime pas les journalistes, c’est tous des menteurs, sauf PPDA. A mes 34 contacts qui se sont inscrits là dedans, LOL, je n’en vois qu’une qui a le potentielle de me passionner un tant soit peu. Faites des études, pour le bien de l’humanité. Merci.

MAJ : Cyprien s’est retiré du concours pour des raisons obscures (je ne pense pas qu’il soit trop occupé, non). Prochaine étape, se retirer de la difficile compétition de la vie.

Late

Atmosphère.

En 5 ans, je n’ai toujours pas trouvé d’électro capable de me rendre hystérique comme la musique d’Aphex Twin, que j’ai raté à Dours, merci d’enfoncer le couteau dans la plaie là bas, au fond à côté du radiateur. Merci à tous pour vos gentils mots d’anniversaire, grâce à Facebook et Twitter, je n’ai jamais eu autant d’amis ni de sms.

Son gros index s’agite sous mon nez de gauche à droite et son ton se fait paternel. Je tripote une mèche de cheveux et touille distraitement dans mes haricots verts. En général, je fuis ce genre de conflit. Je m’isole, je m’enferme, je ne réponds rien. Le cul vissé à cette chaise en formica, je suis incapable de faire la moindre chose, je me contente de patouiller dans le jus de mes restes. Le raisonnement que je prépare depuis une semaine histoire d’avoir la force de lui tenir une fois tête explose à chacune de ses phrases. Je sais que j’ai raison, c’est l’essentiel. Je suis au courant de trop de choses, je ne devrais pas tendre l’oreille de cette manière. Je sais quelle connerie tu as fait, enfoiré, et si je suis toujours avec toi depuis plus de 3 ans, c’est dans l’espoir entêté de penser qu’un jour tu auras la moitié d’une couille pour m’avouer les merdes que tu fais dans mon dos. J’ai accepté que des bagues et des colliers apparaissent comme chier par des mouches sur ton lavabo, sans demander la moindre chose, de toute manière, tes réponses ne me conviennent pas. A ta soeur ? A ta mère ? Et qu’est-ce qu’elles viennent foutre à prendre des douches chez toi, dans ton studio de merde de banlieue parisienne ? Leur loft ne leur convient plus ? Je comprends ça. Arrête de gueuler putain, arrête de m’hurler dessus comme un père sur sa gosse. Penses-tu seulement que ta réaction exagérée ne cache rien ? Il saisit mon poignet, le balance en l’air, parce qu’il faut que je le regarde quand il me parle. Oui, je sais, je suis une gamine immature, je devrais répondre quand tu me balances tes arguments de merde sortis tout droit de ton sphincter, mais je n’ai pas la putain de force de scruter tes yeux noirs quand tu me soutiens mordicus que les cheveux blonds sur ton oreiller, c’était des poils de Malcom, ton chat. Et moi, dans tout ça, qu’est-ce que je fous là, à rêver du prince charmant comme une gamine de 8 ans, pendant que je me torture à me dire qu’on a vécu des choses bien, tous les deux ? « Encore un test VIH ? A croire que ça te plaît de te faire pomper » qu’il disait. Putain, qu’est-ce que je fous là, bordel, qu’est-ce que je fous là, complètement crispée, tétanisée, une ado qu’on grille en train de tirer sur un joint. Mon discours, censé le foutre sur le derche, se mélange en un porridge de mots maladroit. J’ai chié dans la colle, je voulais que ça soit le grand final, ça n’est rien de plus qu’un vaudeville foireux, une fois encore. Plus il me démolit, plus je me tue pour que ce type soit le plus heureux du monde. Je multiplie les dépenses inutiles pour combler les blancs de nos discussions, je m’enferme dans la cuisine pour faire à bouffer pendant qu’il s’étale devant la télé de tout son long. Les Bidochons, nous sommes les Bidochons. Bobonne aux fourneaux, papa qui gueule parce que le film est à chier. Ma mère serait fière de moi.

(Personnages fictifs, ma vie va bien, merci)

Muette

Cher SNCF.

Cet article peut heurter la sensibilité de certaines personnes, blablabla à vos risques et périls etc..

Cher Monsieur SNCF,

Depuis 5 ans déjà, je m’obstine à dépenser temps et argent dans tes tchous-tchous magiques, soit environ 1 mois de ma vie et plusieurs milliers d’euros, preuve que je t’aime quand même bien et que je ne fais pas partie de ceux qui râlent quand tu fais grève, sauf si ça m’empêche de voir l’être aimé ou de rentrer chez moi, avoue que tu pourrais faire un effort aussi quand les volcans ont des petits énervements, parce que tu nous as tous foutus dans la merde à ce moment. Passons. Jusqu’alors, je n’ai jamais eu à me plaindre des services que tu proposes, je trouve que tes guichetiers sont aimables et très serviables, grâce à eux j’ai eu l’occasion de voyager à travers l’Europe à « moindre coût ». Mais, mais, parce qu’il y a un mais, tu t’en doutes Monsieur SNCF, toi qui est si intelligent dans ta locomotive rose à vapeur qui cavale à tout va derrière des indiens, il y a certaines choses dont je voudrais te faire part.

Au lieu d’engager des contrôleurs qui me foutent des prunes parce que « la carte 12-25 n’est plus valable depuis hier », et qui par la suite me propose un café parce que « vous êtes beaucoup plus attirante quand vous souriez », tu devrais investir dans une campagne de communication plus que persuasive pour rappeler aux gens certaines règles de vie comme celles qui vont suivre :

• Non mamie, tes pétunias ne nous intéressent pas, raccroche ce putain de téléphone et arrête de brailler.
• Non, connasse, on s’en branle que tu te sois taper Brandon hier soir au Métropolitain mon cul.
• Madame, vous avez 2 enfants qui chialent à mort parce qu’ils veulent des fraises, au lieu de faire subir vos lacunes éducatives à 60 personnes, il y a un coin nurserie juste derrière vous où vous pouvez remettre les pendules à l’heure sans faire chier qui que ce soit.
• J’imagine que votre camarade est hilarant, mais si vous souhaitez malgré tout vous esclaffer comme un piano à queue, faites le en sourdine.
• « scusemeitzmyplacestopsleepingrightnow ». Le train est vide, bridée hystérique de merde, et tu me réveilles en plein rêve avec Pattinson.
• « Vous regardez quoi ? », « Vous lisez quoi ? », « C’est bon ce que vous mangez ? », « Une fois avec mon fils.. »

Et tant d’autres choses qui exaspèrent les braves gens qui tentent de dormir un minimum sur des trajets d’environs 5h. Mon très cher Monsieur SNCF, si ces personnes persuadés que les bonnes manières sont désuètes à ce jour étaient les seules causes à mon désarroi, je saurai à qui m’en prendre, cela étant dit, ça n’est pas le cas. Mon bonhomme, tu dis nettoyer tes chiottes avant et après chaque voyage, mais je te propose de mettre un léger coup de pression à Conchita TGV, car tes cabinets sont toujours répugnants, poisseux, collants, sans rien pour se torcher, alors je te propose d’aller poser une pêche gaillardement quand un de tes trains roulent histoire de te rendre compte de la connerie que tu as fait en te disant que c’était une bonne idée. Dis toi seulement que les femmes, malgré toutes les qualités que l’on puisse leur trouver, ne sont pas capables de s’accroupir histoire de ne pas poser leur fessier rebondi sur la merde de leurs compatriotes, de saisir du papier toilette, (s’il y en a)  de s’accrocher à l’unique poignée que tu mets à notre disposition sans s’en mettre partout sur les godasses en même temps. Je comprends bien qu’il est difficile de construire des cabinets d’aisance dans des lieux aussi exigus, malgré cela, c’est quelque chose que tu devrais aussi faire « designer » par Christian Lacroix, car tout seul Monsieur SNCF, tu t’en sors plutôt mal. Débat clos. J’ai vu que tu proposais des collations, choses que j’ai eu maintes et maintes fois l’occasion de goûter étant donner le nombre de gens qui se jettent sous MON train, trois fois de suite. Il est vrai que le tarif est exorbitant et que je paye moins cher ma bière dans une boîte de nuit parisienne, cependant, je n’ai jamais trouvé ta nourriture absolument dégueulasse, alors je comprends que tu te mettes de l’argent de poche de côté avec ce service. J’ai remarqué aussi que tu t’impliquais dans la difficile cause qu’est l’écologie en mettant à notre disposition des sacs en papiers recyclés. C’est bien. Ça serait aussi plus crédible à mon goût si tu évitais le suremballage de couverts, de serviettes en papier, de plats en tout genre ou encore de sachet de sucre. Sais-tu seulement qu’une personne normalement constitué ne met pas 340g de sucre dans son expresso ? Une fois le repas fini, l’éco-citoyenne que je suis, qui apprécie de se faire trimbaler de la sorte, décide de rendre le tchou-tchou dans l’état où elle l’a trouvé. TROP DOMMAGE MON COPAIN, les poubelles sont tellement petites que même une boîte Polly Pocket n’y rentre pas. Alors, avec toute la bonne volonté du monde, je décide à l’aide d’un pliage astucieux de faire rentrer cette saloperie d’emball…Pardon, ces saloperies d’emballages dans cet étui à cigarette, et bim bam, je tombe sur quoi ? Chewing-gum, crachat et autres joyeusetés qui font que la vie citadine est lol. Conchita, au pied, tu sais que tu aurais pu être prostituée ? On respire, on retourne dans cette antre puante où les gens se vidangent, et on cherche à se servir du robinet très moderne, qui réagit avec un système de je ne sais quoi qui fait que ça fonctionne quand tu passes ta main dessous. Ah, mon cochon, si seulement ça marchait. Me voilà donc coincée dans un train, un sac bourré de déchet sous la gueule, un type en kit sur les rails, les mains dégueulasses, plus de PQ, une mémé qui hurle que son cactus est cool, 3 rabins qui se marrent à gorges déployées, une folle qui geint parce que je lis un Fluide Glacial et que c’est sexuel, une mère qui regarde sa gamine en souriant pendant qu’elle hurle comme un goret, des gens qui gueulent parce qu’il n’y a plus à manger, même pas un paquet de chips, et tout ça, encore pendant 3h. Dormir. Je voulais juste dormir un peu.

Merci Monsieur SNCF, tu sais entretenir l’image de marque que le monde s’acharne à te donner.

(Et puis soit dit en passant, un retard de 4h qui pousse mon arrivée à 2h du matin, je trouve ça beaucoup pour ramasser de bêtes morceaux de viande).

TCHOU TCHOU

TCHOU TCHOUUU !

Sinon, mercredi, j’ai 19 ans, et je me sens plus vieille que Jeanne Calment.

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